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L'APPROCHE HUMANISTE CENTREE SUR LA PERSONNE : DECRYPTAGE

Publié le 24 juin 2021 sur le site de la FF2P ( Fédération Française de Psychothérapie et Psychanalyse)

Le fondateur de l’Approche Centrée sur la Personne (ACP) est Carl Rogers, psychologue humaniste américain (1902-1987). Sa conception de l’être humain s’est inscrite dans le domaine de la psychothérapie et s’est également étendue à d’autres champs de la vie sociale tels que la pédagogie, la relation d’aide, la médiation ou la communication. > Les grands concepts de l’ACP Trois grands philosophes ont inspiré Carl Rogers :

  • Martin Buber, pour l’importance de la relation et son fondement : la réciprocité. La personne ne peut exister pleinement que grâce à une autre personne. La relation entre le thérapeute ACP et le client est en premier lieu une rencontre de personne à personne.

  • John Dewey, pour les notions de personne et d’expérience qui fondent la thérapie sur le concept de processus. C’est le primat de l’expérience subjective.

  • Søren Kierkegaard, pour les aspects existentiels et vivants de la personne, sur lesquels repose le concept de tendance actualisante développé par Carl Rogers. Pour ce dernier, il y a en chaque individu un courant inné qui l’entraîne vers la réalisation positive de ses propres possibilités : c’est la tendance actualisante, qui suit le tracé d’un processus directionnel, propre à chaque personne.

La pensée de Carl Rogers a notamment été introduite en France par André de Peretti et Max Pagès. > Les lignes directrices d’une thérapie dans l’ACP Une thérapie dans l’Approche Centrée sur la Personne repose sur l’intégration par le thérapeute de trois attitudes nécessaires et suffisantes à la relation thérapeutique : la congruence, le regard positif inconditionnel et la compréhension empathique. La congruence Le psychopraticien ACP s’engage dans la relation thérapeutique non pas comme un expert mais comme une personne ouvertement elle-même, pleinement authentique, congruente. Le regard positif inconditionnel C’est l’acceptation du client dans toutes ses dimensions, y compris ses parts d’ombre. Ce mouvement intérieur du psychopraticien vers son client, cette profonde considération, restaurent l’estime de soi du client. La compréhension empathique Il s’agit pour le thérapeute de s’approcher au plus près du monde intérieur de son client et de son cadre de référence pour ressentir ce qu’il vit « comme s’il était lui », devenant ainsi « le compagnon sûr de la personne à l’intérieur même de son propre monde » (Carl Rogers, A Way of Being, New York, Houghton Mifflin, 1980). La confiance en la personne et en sa tendance actualisante : le thérapeute ACP nourrit sa confiance dans les processus : celui de la thérapie et celui de son client, qui s’actualisent constamment et conduisent le client vers l’expression de son plein potentiel. Le respect de la personne : la personne doit être respectée, tant dans les forces subtiles de son processus de croissance que dans ses convictions ou ses choix d’existence. C’est « une relation structurée de façon précise, offrant au client un climat d’ouverture, de non-jugement et de compréhension, qui lui permet une profonde expérience de soi, le rendant capable de réaliser son potentiel » (Carl Rogers, A Way of Being, New York, Houghton Mifflin, 1980). C’est une psychothérapie expérientielle : la source de toute « connaissance de soi » est « l’expérience immédiate » de soi. Le thérapeute ne traite pas une maladie, mais il rencontre une personne. Le client n’est pas identifié à une pathologie. Il est écouté et aidé sans passer par le prisme de la normalité. C’est la relation entre le thérapeute et le client qui est considérée comme transformatrice. Le professionnalisme du thérapeute consiste à ne pas se protéger derrière un rôle de spécialiste ou d’expert du psychisme, mais d’être là « en tant que personne ». En ce sens, le thérapeute ACP incarne un savoir-être, plutôt qu’un savoir-faire. > Quelles sont les indications privilégiées ? Une psychothérapie dans l’Approche Centrée sur la Personne s’adresse à tout individu – quels que soient son âge, son sexe, sa profession, son appartenance sociale, sa culture – qui se trouve confronté à des questionnements d’ordre existentiel.

  • Aux personnes qui rencontrent des difficultés dans leur vie affective, sexuelle, conjugale, familiale ou relationnelle.

  • Aux personnes qui ont à faire face aux bouleversements d’une séparation (rupture, divorce) ou d’un deuil.

  • Aux personnes qui traversent des moments de crise (perte de travail, mise à la retraite, changement de lieu ou d’emploi p. ex.).

  • Aux personnes qui se trouvent confrontées à la maladie, elles-mêmes ou leurs proches. A toute personne qui peut ressentir une hésitation par rapport à des choix d’existence, un mal-être, une stagnation, le sentiment confus d’étouffer dans un système de fonctionnement trop étroit, ou de ne pas réaliser un potentiel de vie qu’elle pressent en elle.

> Bibliographie

  • Carl R. Rogers, Le Développement de la personne, Dunod, 1968

  • Carl R. Rogers, La Relation d’aide et la psychothérapie, ESF Editeur, 1970

  • Carl R. Rogers et Marian G. Kinget, Psychothérapie et relations humaines, 1962

  • Bérénice Dartevelle, La Psychothérapie Centrée sur la Personne, Éditions Bernet Danilo, 2005

  • Dave Mearns et Brian Thorne (traduction française de Christine Loyon, Sandra Pedevilla et Cécile Rousseau), La pratique de la thérapie et la relation d’aide dans l’approche centrée sur la personne, Chronique Sociale, 2019

  • L’Approche Centrée sur la Personne, Anthologie de textes présentés par Howard Kirschen-Baum et Valérie Land Henderson, Éditions Randin, 1951



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